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Marcel CHERRIER

Marcel Cherrier ("Abel", "Le Malin", "Roger", "Gabriel", dans la clandestinité) est né le 3 novembre 1901 à Bourges (Cher). Ouvrier ajusteur aux Etablissements militaires à Bourges et responsable communiste depuis 1925, Marcel Cherrier s’engage dans la résistance dès sa démobilisation à l’été 1940.

Il passe la ligne de démarcation avec du matériel de propagande, participe à de nombreuses actions cherchant à affirmer la présence du Parti et la permanence des luttes syndicales. En mai 1941, il crée dans le département du Cher le FN [Front National de lutte pour l’Indépendance de la France]. Il recrute, élargit le mouvement et donne l’impulsion pour le réorganiser après les arrestations de 1942.

Dans le même temps, avec Henri Jacquet, il implante le maquis des Rioux à Allogny qui abritera les premiers clandestins du Cher, début 1942. Il assure les liaisons avec les « légaux » (résistants non entrés dans la clandestinité) et les responsables de l’inter-région, participe très activement aux sabotages, attentats contre l’occupant, campagnes contre le STO…

Devenu lui-même inter-régional politique du parti communiste en novembre 1943 pour la région R5, il coordonne l’activité des résistants de 5 départements du Centre (Cher, Nièvre, Loir-et-Cher, Indre-et-Loire, Loiret), jauge les hommes et confie des responsabilités à ceux qui en sont dignes, rencontre les responsables militaires de l’inter-région,….

Après la libération du département, il est nommé conseiller municipal de Bourges en septembre 1944, devient vice-président du Comité départemental de libération et dirige la commission « Epuration et Justice » du Cher.
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Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale Constituante (Cher), il sera député communiste du Cher du 21 octobre 1945 au 8 décembre 1958.

Il meurt le 22 août 1985 à Bourges (Cher)

« Pour ma part, j’ai toujours eu conscience de mes responsabilités. Plongé comme tout le parti [communiste français] dans l’illégalité dès 1939, je me suis retrouvé clandestin à mon retour des armées en août 1940. C’est du courage plein le cœur, avec tous mes camarades, que nous sommes entrés dans une lutte sans merci qui a duré quatre années pour bouter hors de notre territoire les fascistes allemands.
La Résistance représentait pour moi le prolongement de la lutte contre le fascisme que je menais avec mon parti, en particulier depuis l’arrivée d’Hitler au pouvoir en janvier 1933.

[…] Dès avant la guerre, les hommes de la grande bourgeoisie, mécontents des lois sociales imposées par la lutte de la classe ouvrière en 1936, désorganisèrent la vie économique du pays et n’hésitèrent pas à proclamer : « Plutôt Hitler que le Front populaire ».
Toujours prêts à trahir par intérêt de classe, ceux que nous appelions les trusts sans patrie, n’ayant pu amener le fascisme de l’intérieur, avaient pratiqué une politique de trahison créant les conditions d’une occupation nazie venue de l’extérieur.
Tout était donc très clair pour moi comme pour mes camarades de combat : la lutte contre le fascisme et pour la liberté continuaient dans la résistance à l’envahisseur et aux traîtres à son service.

Quoi qu’il en soit, pour l’instant, la population de la zone sud, convaincue que le Maréchal trompe les Allemands, accepte les sacrifices qu’on lui propose, comme une pénitence nécessaire au renouveau français.

Ce n’est pas l’un des moindres résultats de la séparation du Cher en deux zones que cette évolution divergente de l’opinion publique de part et d’autre de la « ligne ». La confrontation quotidienne des uns aux dures réalités de l’occupation rendent plus vifs, plus lourds de conséquence aussi, les réflexes patriotiques, que le mythe Pétain et son nationalisme criard dévoient en partie chez les autres.

En ces temps difficiles, l’engagement ne permet guère les nuances. En fait, les risques ne sont pas partagés. Sans manichéisme excessif, force est de constater que les honneurs et avantages en tous genres que procure l’adhésion, sincère ou non, à l’« ordre nouveau » contrastent avec l’insécurité permanente, la faim, parfois la mort, qui sont le lot courant de ceux qui disent non.

[…] Sous des formes multiples, spontanément, ceux qui refusent la défaite, ceux qui n’acceptent pas l’occupation et ses humiliations donnent à la Résistance ses premiers faits d’armes grâce auxquels bientôt vont naître les premières luttes organisées.

Les premières actions de résistance, l’idée même de Résistance ne concernent alors qu’une poignée d’hommes. Assez vite cependant, les actes individuels vont être relayés par des actions collectives. »

(Témoignage extrait de : « Combattants de la liberté : la résistance dans le Cher » de Marcel Cherrier et Michel Pigenet)

La famille Cherrier dans la Résistance…

Lucienne Cherrier, née Dupuis
André Cherrier "Michel"
René Cherrier
Solange Cherrier, née Rocher

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Document 1 - AMRDC Document 3 - AD 18 - 1W70 Document 7 - AD 18 - 8°1772 Document 8 - AD18 - 3W151 Document 9 - AD18 - 3W151 Document 6 - AD18 - 155J14 Document 5 - AD18 - 155J14 Document 11 - AD18 - 1555W14 Document 10 - AD18 - 1555W14 Document 12 - AD18 - 1555W14 Document 4 - AD18 - 1W70 Document 2 - Musée de la Résistance et de la Déportation du Cher

PS : Sources : - AD18 – 8° 1772 : « Combattants de la liberté : la résistance dans le Cher » de Marcel Cherrier et Michel Pigenet. Editions Sociales, 1976. – - AD 18 – 155 J 14 / Fonds Cherrier - AD18 – 1555W14/1019 : dossier constitué en vue d’obtenir la reconnaissance de la qualité de Combattant volontaire de la Résistance (CVR). - Collections du musée départemental de la Résistance et de la Déportation du Cher - AD 18 – 1W70 : Tracts communistes, affiches, brochures et publications clandestines découverts ou saisis dans le département du Cher. Cabinet du Préfet. - AD 18 – 3W51 : Dossier d’information concernant Pierre-Marie Paoli pour la Cour de Justice du Cher (juridiction d’exception créée à la Libération pour juger les Collaborateurs). - AMRDC : Amis du Musée de la Résistance et de la Déportation du Cher - Site Internet de l’Assemblée Nationale Pour aller plus loin Voir aussi la fiche biographique plus détaillée de Marcel Cherrier dans le cédérom « La Résistance dans le Cher », édité par les Amis du musée de la Résistance et de la Déportation du Cher et l’AERI.

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